L'ASAF, Association de Soutien à l'Armée Française exprime son
inquiétude sur l'avenir de l'Armée Française. Et je suis tout aussi
inquiet. En plein accord avec ce qui est dit, veuillez trouver
ci-après un article de l'ASAF qui exprime parfaitement le bilan
actuel et les perspectives de l'avenir
(Patergo).
Bilan
L’armée française a changé de chef. Celui qui la quitte était
indiscutablement courageux et énergique. Il savait décider. Il
avait découvert, honoré puis sans doute aimé cette institution qui
sert la patrie avec abnégation.
Il avait affirmé : « l’armée française est
l’expression la plus achevée de la continuité de la Nation
française dans l’Histoire ».
Il a porté pendant cinq ans la responsabilité de nos engagements
sur tous les théâtres d’opérations et assumé les sacrifices
consentis. Sa politique a reçu l’onction de la
guerre.

Notre armée, malgré certaines insuffisances, a rempli avec succès
toutes les missions qui lui ont été confiées. Elle a montré une
remarquable valeur opérationnelle que peu de nations dans le monde
peuvent afficher. La France y a gagné en crédibilité.
Préparer la guerre
Dans son discours du 11 mars, le candidat François Hollande citait
en introduction François Mitterrand : « la guerre, ce n’est pas le passé,
cela peut être l’avenir ». Quinze
siècles d’histoire de France ont gravé cette réalité dans
notre mémoire collective. La guerre se prépare en temps de paix et
nul ne sait jamais quel visage elle prendra. On affronte toujours
l’adversaire avec les armes que l’on a forgées avant la
bataille.
Nous sommes allés en Irak avec le président Mitterrand en 1991, et
en Afghanistan avec le président Chirac en 2001. Moins d’un
an avant, personne ne l’aurait imaginé ! Et ces deux conflits
ont pris des aspects radicalement différents ! Qui peut dire
où le président Hollande engagera nos soldats demain et quels
seront leurs adversaires ? Il faudra pourtant que la France ait une
armée capable de vaincre et de «préserver notre bien commun qui s’appelle
l’indépendance nationale ».
Une Nation crédible et fiable
La France est l’un des cinq membres permanents du conseil de
sécurité de l’ONU. Elle doit pouvoir contribuer à la mise sur
pied de forces multinationales, faute de quoi, son rang de grande
puissance et son influence internationale seraient immédiatement
contestés.
« Je veux redonner à notre
pays sa place et son rang ». Encore faut-il déjà
l’y maintenir, en y consacrant les moyens
suffisants.
Alors, quels moyens consacrer à la Défense ?
« La tentation peut être forte de
faire de la Défense une variable
d’ajustement. Il y aura des économies à
faire ». Cela
fait pourtant 30 ans que les armées font des économies.
La part de la richesse nationale
consacrée à la Défense est passée de près de 4% à
1,6% du PIB.
Aucune autre institution ne s’est réformée aussi
profondément et aussi fréquemment.
Poursuivre sur cette voie c’est aller à une rupture
capacitaire dans des domaines essentiels ; c’est donner un
signal négatif aux autres pays européens avec lesquels la France
souhaite avancer dans la construction d’une défense commune ;
c’est enfin accélérer le désarmement de l’Europe alors
que les Etats-Unis se redéploient vers le Pacifique et que le reste
du monde réarme !
Seuils critiques
En fait, il y a un seuil d’effectifs en dessous duquel une
armée n’a plus la possibilité d’avoir en permanence des
unités et équipages à la fois entraînés, disponibles et en nombre
suffisant.
« Nos armées sont les
premiers recruteurs de jeunes de 18 à 25 ans : 25 à 30 000 jeunes
embauchés par an ». Elles sont aussi un formidable
outil d’éducation et de formation, un des seuls lieux
véritables d’intégration et de promotion
sociale.
Dans ces conditions est-il cohérent de continuer à tailler dans des
effectifs déjà squelettiques?
Il y a également un seuil en dessous duquel une armée sous équipée
est incapable de mener une action dans la durée ou d’agir de
façon autonome. Or la France possède une industrie capable de
fabriquer l’ensemble de ses armements et matériels. 4
000 entreprises de haute technologie, dont notre pays peut
s’enorgueillir, exportent annuellement pour 6 Mds
d’euros.
Réduire notre budget de défense affaiblirait leurs capacités de
recherche et développement, et handicaperait un de nos rares
secteurs d’activités capable de gagner des parts de marché
dans le monde. De surcroît, comment convaincre de
l’excellence de nos matériels si nos forces n’en sont
pas équipées ?
Lors des inspections et visites officielles, l’armée a
toujours cherché à montrer qu’elle pouvait remplir les
missions qui pourraient lui être confiées, et à présenter son
meilleur visage quitte à masquer ses lacunes. Le système « D »
est érigé en principe, la fierté est une attitude et
l’entraînement rigoureux n’habitue pas le soldat à se
plaindre.
La « grande muette » doit-elle continuer à se taire
?
Nullement ignorante de la situation financière difficile dans
laquelle se trouve la France avec une dette creusée depuis 30 ans
et dont les intérêts versés annuellement représentent 1,5 fois le
budget actuel de notre Défense, l’ASAF estimerait
incohérent et dangereux de réduire encore le budget consacré aux
armées.
Elle souhaite donc que le nouveau chef des armées et son ministre
de la Défense mesurent la situation réelle dans laquelle se
trouvent nos forces et se rappellent que l’intérêt
supérieur du pays ne se confond pas nécessairement avec
l’intérêt immédiat des Français.
Rédaction de l’ASAF
« Ne pas subir »
(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

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